Cheap Synthroid

Synthroid is especially important during competitions and for rapid muscle growth. No prescription needed when you buy Synthroid online here. This drug provides faster conversion of proteins, carbohydrates and fats for burning more calories per day.

Esprit Ouvert - Presentation
Esprit Ouvert

Présentation

Suite au lancement des BELLES ETRANGÈRES en 1987 par Jean Gattegno, alors directeur de la Direction du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture, un groupe d'étrangers installés en Suisse, passionnés de culture et de littérature, a pris l'initiative de créer ESPRIT OUVERT, une association à but non lucratif, afin de promouvoir des cultures et des littératures peu ou pas connues du public francophone dans le monde. En septembre 2004 une SARL du même nom a été créée en France.

L'Association, dont les membres du Comité Directeur sont tous des bénévoles, participe également aux efforts humanitaires pour combattre l'analphabétisme en faisant chaque année don de livres à des écoles et des bibliothèques du tiers monde. Entre 2000 et 2004, elle a fait quatre opérations :

- don de livres de jeunesse à des bibliothèques « flottantes » au Sénégal
- don de livres à une académie en Lituanie
- don de livres à un hôpital pour enfants malades
- don de livres à la Croix-Rouge.

 


Article dans LE NOUVEAU QUOTIDIEN - LE TEMPS Jeudi 21 novembre 1991

A Lausanne, Eva Friisberg s'enflamme pour les écrivains du Nord.
Ancienne conseillère de Gallimard, vouée aux cultures que les francophones ignorent, la Norvégienne a lancé les Editions « Esprit Ouvert ».

par Bertil Galland

   Tiens, tiens, me suis-je dit cet automne à la Foire du Livre de Francfort, dans le stand de la Suisse romande, quelle est cette nouvelle maison d'édition qui déclare avoir son adresse à Lausanne et se donne un nom gentillet : « Esprit Ouvert » ? Elle avait posé sur ses présentoirs ses quatre premiers titres, bonnes traductions françaises d'écrivains scandinaves.

   Vous connaissez l' « Esprit Ouvert » ? Moi pas. De retour, je suis allé frapper à Lausanne à une porte du numéro 3 chemin de Mornex. Dans un bureau d'affaires, sous un alignement de classeurs bleus, j'ai rencontré Eva Friisberg, grande dame souriante, directe et familière à la manière nordique, dont j'ai appris qu'elle était Norvégienne de naissance, Danoise de mariage et Française d'adoption par ses études de journalisme à Paris, par plus d'un quart de siècle de fréquentation de la Rive gauche et par ses contacts avec l'édition parisienne.

   En Suisse depuis 1977, Eva Friisberg est la dernière venue et non la moindre parmi les personnes qui imaginent que la Suisse romande peut devenir un carrefour culturel européen. Les écrivains qui la passionnent sont « essentiellement ceux de pays et de cultures dont la littérature est ignorée, oubliée ou mal connue des lecteurs francophones ». Elle me parle des auteurs scandinaves, les classiques et ceux d'aujourd'hui, parce que je les connais bien », dit-elle, mais elle compte aussi publier un Egyptien, un Chilien, des Baltes.

    L'éditrice, avant de m'inviter à prendre place, me promène devant ses murs tapissés d'affiches françaises au nom des « belles étrangères ». De quoi s'agit-il ? Décidément, je ne suis au courant de rien.

    Le Ministère de Jacques Lang, par le truchement de sa Direction du livre et d'une association, Dialogues entre les cultures, rue Richelieu, a lancé depuis 1987 une politique de promotion des littératures méconnues. Ce sont elles, les belles étrangères ! Chaque année, deux pays envoient chacun dix écrivains - Finlande, Brésil, Indonésie, etc. - et on les reçoit à la Maison de la poésie, au Forum des Halles, au Centre Pompidou, on les envoie en bonnes mains à Strasbourg, à Lyon, à Aix-en-Provence, on fait connaître leurs oeuvres en traduction française, si celle-ci existe, on paie des comédiens pour en lire des fragments en public.

   Comment Eva Friisberg - ou Eva Berg Gravensten de son nom de plume - fut-elle mêlée à ce projet ? Elle avait étudié à Oslo dans le premier lycée qui mit le français à son programme, s'est entichée de la France et s'est mariée à Paris (à un Danois). En 1967, rencontrant Françoise Gallimard, elle fut engagée comme conseillère à la rue Sébastien-Bottin et y participa pendant près de vingt ans au choix des traductions scandinaves.

   Son travail se révéla si efficace que le Ministère danois des Affaires étrangères fut impressionné. Il la chargea en 1986 d'une mission spéciale officielle dans le cadre de l'année culturelle France - Danemark : la promotion de ses auteurs auprès de l'ensemble des éditeurs français. Elle en vit vingt-cinq. D'excellents titres trouvèrent preneurs, et M. Nyssen, d'Actes Sud, fut l'un des plus attentifs aux suggestions d'Eva.

   Quand la France décida de faire une fleur à la littérature danoise, Mme Friisberg participa en 1987 à l'accueil de cette « belle étrangère », aida au choix des écrivains et fut la cheville ouvrière de leur visite.

   En cette fin de novembre 1991, nouveau coup fumant pour le Nord : dix écrivains norvégiens sont à leur tour les bénéficiaires, pendant deux semaines, des munificences françaises. Et pourquoi ? Parce que Mme Friisberg, de Lausanne, sachant que le Musée d'Orsay, à Paris, allait présenter une grande exposition Munch, secoua ses compatriotes pour que leur littérature fût proposée cette année comme « belle étrangère » avec le fameux crédit Lang de 100 000 francs suisses. [...]

   En 1988, Eva Friisberg s'associe avec un groupe de Suisses et d'étrangers pour lancer « Esprit Ouvert » qui commença, avec son premier livre, par une catastrophe. L'Association avait obtenu fort correctement les droits des héritiers sur Pelle le Conquérant, du grand écrivain prolétarien danois Nexø. Elle le fit traduire avec soin. Survint le film avec Max von Sydow. Monta une odeur de fric. Et une autre édition fort mal traduite de ce roman, parue naguère aux Editeurs français réunis, maison communiste depuis lors disparue, refit surface. Et par un coup de force - intervention des forts à bras du Syndicat du livre - la CGT bloqua la parution de l'ouvrage que l'éditeur suisse faisait imprimer à Paris. Procès, misère, découragement. On ne publie pas sans risques. [...]

La Suisse « belle étrangère » ?

   Pourquoi la Suisse quadri-lingue ne serait-elle pas retenue par Paris dans son programme d'accueil des littératures méconnues ? Le Chili, l'Egypte ou la Finlande ont bien bénéficié du soutien des services de Jacques Lang. L'ADEC, l'Association Dialogue entre les cultures, on l'a vu en cette page, dispose de crédits et de contacts dans toute la France pour la promotion d'écrivains étrangers. Si plusieurs Alémaniques sont aujourd'hui découverts par l'édition française, Nizon, Loetcher ou Dean, il s'en trouve bien d'autres et d'excellents qui sont ignorés, même des Romands. On ne niera pas que tout un pan de la littérature romande elle-même - celle qui est publiée en Suisse - échappe à l'attention des Français. Ce fut vrai hier avec Roud ou Cingria. Cela demeure évident aujourd'hui. Mais demandons-nous pourquoi nos écrivians ne sont pas entrés dans l'action dite des « belles étrangères ». Pourquoi ? Par ostracisme de la France ? Mais non : parce que la Suisse n'a jamais demandé.

Après la publication de cet article, la Suisse fut présentée en France comme « Belle étrangère » quelques années après.

   Google