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Esprit Ouvert - Katinka
Esprit Ouvert

Katinka

 

Auteur : Herman Bang
Traduction : Roman traduit du danois par Jean Renaud
Titre original : Ved vejen, 1886
Préface de Max von Sydow
1ère édition février 1989
ISBN : 978-2-88329-001-6
Format : 14 x 20
Pages : 160
Prix : 13.60 €

Film de Max von Sydow, 1988

Résumé du livre : Katinka, une jeune femme douce et timide, rencontre Bai, simple lieutenant de cavalerie. Lorsqu’il est nommé chef de gare dans un petit village, ils se marient et mènent une vie de petits bourgeois tranquilles. Un jour le régisseur Huus arrive de Copenhague pour travailler dans la plus grande propriété de la contrée. Un amour naissant rapproche Huus de Katinka, mais lorsqu’ils en prennent conscience, la tranquillité de leurs existences est rompue, et rien ne sera plus comme avant…

Extrait : « Ils suivirent le sentier et s’enfoncèrent dans la forêt. L’étang était en plein marécage. Les arbres inclinaient leurs hautes cimes au-dessus de ses eaux sombres.
Ils ne s’étaient rien dit, chemin faisant. Ils étaient maintenant assis côte à côte sur un banc face à l’étang.
- Non, dit Huus, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler.
Katinka regardait l’eau en silence.
- C’était ma mère, dit-il, qui le souhaitait tant… Pour l’avenir.
- Et cela dura… toute une année… avant qu’elle ne rompe.
Huus entrecoupait ses mots, marquait des silences, comme s’il était honteux ou irrité.
- Mais il en va de même, ajouta-t-il, des fiançailles et des mariages.
Un oiseau égrena ses trilles dans la forêt. Katinka écoutait chacun de ses accords en silence.
- Et puis on est lâche par-dessus le marché et on reste fidèle, reprit Huus. Vraiment lâche au plus profond de soi-même… jour après jour.
- Je suis resté fidèle – sa voix était à peine audible – jusqu’à ce qu’elle brise nos liens.
- Parce qu’elle m’aimait, elle.
Katinka posa tendrement sa main sur la sienne qui s’appuyait fermement sur le banc.
- Pauvre Huus, dit-elle simplement.
Elle continua à lui caresser la main doucement. Le pauvre, comme il avait souffert ! »

Film de Max von Sydow, 1988

Préface de Max von Sydow :
Il y a vingt-cinq ans, je lisais pour la première fois Katinka, le petit roman de Herman Bang extrait du recueil intitulé Existences tranquilles, écrit en 1886.
L’histoire est toute simple : Katinka, une jeune femme douce et timide, rencontre Bai, un simple lieutenant de cavalerie, hâbleur et plutôt vulgaire. Lorsqu’il est nommé chef de gare dans un petit village, ils se marient « car la vie est ainsi faite ».
Peu à peu, ils s’intègrent dans le milieu petit-bourgeois aux « existences tranquilles ». Le couple n’a pas d’enfants et les rapports entre Bai et Katinka sont des plus conventionnels, entièrement dépourvus de tendresse et d’amour. Lui joue aux cartes, passe ses soirées à boire des grogs et parle des petites femmes de la ville ; elle, « la toute charmante », arrose ses plantes, donne à manger à ses pigeons, sert le café, joue du piano et s’attarde devant ses souvenirs de jeune fille. De la fenêtre de la gare, elle regarde d’un œil rêveur les trains qui passent.
Un jour le régisseur Huus arrive par le train de Copenhague pour travailler dans la plus grande propriété de la contrée. Huus est peu loquace mais d’une grande sensibilité. Lentement, un amour naissant les rapproche. Mais lorsqu’ils en prennent conscience, la tranquillité de leurs existences est rompue. Rien ne sera plus comme avant pour eux, tandis que la petite vie continue dans le village…
Or, curieusement, longtemps après avoir refermé le livre, nous sommes incapables d’oublier ces êtres passifs et leurs existences banales.
Comment expliquer qu’ils continuent tous d’être si présents dans notre esprit ?
C’est peut-être parce que Herman Bang a placé devant nous un miroir, dans lequel nous reconnaissons notre propre existence. La nature humaine n’a pas tellement changé depuis la parution de Katinka. La tragédie de la vie reste que nos pensées, nos désirs et nos langueurs se trouvent toujours ailleurs – « cette langueur qui mourra peut-être à force de battre des ailes contre les murs qui l’enferment », comme l’écrit Herman Bang lui-même. Au milieu du désert quotidien, nous nous engourdissons dans l’hébétude des conventions et de la résignation tandis que, dans un coin de notre subconscient, nous aménageons une oasis pour nos rêves.
Nous ne faisons pas plus d’efforts que Katinka et Huus pour refondre la réalité à l’image de nos rêves. Nous restons avec nos aspirations inassouvies et nous poursuivons notre existence selon des conventions rigides. La réalité prosaïque de la société et sa poursuite effrénée de bien matériels ne permettent pas au rêve et à l’imagination de survivre.
Katinka passe – comme nous – toute sa vie à attendre : jeune fille elle attend le mariage ; femme mariée, elle attend l’amour ; et lorsque l’amour n’aboutit pas, elle attend la fin.
Il est étonnant que l’auteur n’ait pas fait de Katinka une martyre et c’est peut-être la raison pour laquelle cette histoire nous touche. Son désir irréalisable devient notre désir, et son échec pour essayer de rompre avec les conventions devient aussi notre échec.
Dans son langage impressionniste, Herman Bang a créé autour des personnages une atmosphère de théâtre, pleine de sensations, de bruits, d’odeurs et de goûts. Tantôt nous sourions de son ironie, tantôt nous sommes touchés au plus profond de nous-mêmes par le tragique désespoir de l’existence.
« Seuls les livres ont une fin – la vie continue » écrivait Bang. Pour moi, Katinka continue de vivre, et les trains de ses désirs de passer.

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