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Esprit Ouvert - Au pilori
Esprit Ouvert

Au pilori

                   

Depuis sa création en 1988, Esprit Ouvert a été victime de nombreux plagiats. Au début, nous avons réagi comme on fait avec une mouche irritante : la chasser d'un revers de la main. Mais si elles reviennent en nombre de plus en plus grand, on finit par trouver cela fort désagréable, et si cela ne s'arrête pas, on se révolte. Rien n'y fait : on ne s'habitue jamais, même si certains confrères vous consolent en disant : « Ne voyez-vous pas que c'est un compliment ? On vous plagie, parce que vous avez des publications intéressantes ! »

La révolte des plagiés

Entretien avec Pierre-Yves Gautier
Professeur Agrégé à l'Université Panthéon-Assas (Paris IIe)

Pierre-Yves Gautier : Le plagiat et la contrefaçon remontent à la naissance de la littérature, du théâtre, de la musique, des arts en général. Pendant longtemps on ne s'en est pas soucié, en tout cas d'un point de vue juridique. Les grands procès de plagiat sont assez récents. Ils remontent aux années soixante-dix, quatre-vingt, la grande révélation étant « l'affaire de la bicyclette bleue » avec Régine Déforges accusée d'avoir plagié le roman de Margaret Mitchell Autant en emporte le vent.

Quelle différence établissez-vous entre la contrefaçon et le plagiat ?
Dans la contrefaçon vous reprenez purement et simplement l'oeuvre d'autrui sans en changer grand-chose. Vous vous appropriez grossièrement son oeuvre et on s'en aperçoit tout de suite. Le plagiat est une nuance dans la contrefaçon. Le plagiaire introduit un minimum de différences, maquille en quelque sorte ses emprunts derrière une originalité de son propre travail. De sorte que l'oeuvre à laquelle il emprunte lui sert de noyau pour enrober sa propre création. Cela devient difficile à démêler car dès lors qu'il y a déguisement, il faut arracher les vêtements pour découvrir la nudité des emprunts.

Le plagiat se caractérise notamment par la volonté du plagiaire d'emprunter sciemment à l'oeuvre d'autrui...
Oui. On n'est plus dans la réminiscence inconsciente. Le critère fondamental du plagiat, pour moi, c'est la précision des situations. Cela se joue au niveau des détails. Le plagiaire ne se contente pas de prendre des trames générales : il fait des économies d'inspiration. Plutôt que de trouver en lui-même les éléments qui lui permettront de créer son oeuvre, il va chercher chez les autres. De sorte que pour ma part, je trouve que la vérification du plagiat n'est pas si compliquée que cela. [...]

Vous dites que le plagiat touche tout le monde, tous les domaines et depuis tous les temps. Le fait nouveau est qu'aujourd'hui le public en est informé et qu'on en parle...
Oui, c'est la révolte des plagiés. Les auteurs en France ont deux droits : un droit patrimonial à ce qu'on ne les recopie pas et un droit moral leur assurant la reconnaissance de la paternité de leur travail. Il s'agit donc d'une révolte morale. Etre plagié est extrêmement désagréable. C'est une sorte de viol de votre travail et en plus une méconnaissance de votre paternité, ce qui est odieux. De sorte que ma réponse est nette : c'est une très bonne choses que les plagiés se révoltent et se fassent entendre. Plagier est un acte immoral, une économie illicite de moyens qui montre que l'on n'a pas un grand talent ou que l'on est paresseux. Ces différentes affaires font parler du plagiat. C'est là où les organes de presse ont du bon. Cet avertissement est très salutaire. Il produit un effet prophylactique, c'est-à-dire qu'à la suite de toutes ces querelles, tous ces articles, celui qui s'apprête à sortir un livre et qui sait très bien qu'il a emprunté à pleines mains, à pleine plume à autrui, réfléchira un petit peu avant d'aller porter son manuscrit à son éditeur.

Concrètement, quels sont les outils qui permettent au juriste d'apprécier l'existence du plagiat ?
Il existe un certain nombre de règles, la première étant la recherche de la précision. La seconde est d'apprécier le plagiat d'après les ressemblances des oeuvres et non pas d'après leurs différences. La première chose que fait le plagiaire est d'introduire des variations entre les deux textes. Si dans la balance - symbole de la justice - les ressemblances pèsent plus que les différences, c'est la condamnation. Si en revanche les juges estiment qu'on est en présence d'une deuxième véritable oeuvre, il n'y a pas de condamnation. Concrètement, les juges placent sur leur gauche le livre supposé plagié, sur leur droite le livre supposé plagiaire. Ils prennent leur feutre et soulignent, ils établissent les comparaisons.

Et si rien de tangible n'apparaît clairement ?
Dans le cas du plagiat il n'y a pas de reproduction littérale, tout est déguisé. Cependant les situations restent voisines. On ne trouve pas forcément de preuve tangible mais, même si le feutre ne souligne pas des passages précis, on peut mettre des crochets dans la marge, mettre en relief des rapprochements... Les juges doivent être de très fins lecteurs. Cependant le parcours judiciaire est tel que, même si les trois juges du premier niveau de juridiction se trompent, il sera encore possible de faire appel de leur décision. « L'affaire de la bicyclette bleue » est à ce titre tout à fait spectaculaire car les juges n'étaient pas d'accord. A chaque échelon de la hiérarchie judiciaire il y a eu des décisions différentes. La procédure a duré pendant très longtemps. Ceci étant, je ne crois pas que cela soit la réponse à la question de la subjectivité de l'appréciation du plagiat. La comparaison et les instruments juridiques restent, j'en suis convaincu, les moyens les plus sûrs pour y voir clair.

Livre échange
Caen - mai 1998

La liste des plagiats ou « heureuses rencontres de bonnes expressions » chez Esprit Ouvert :

Herman Bang
KATINKA
Traduit du danois et publié en 1989.


Nous avons la désagréable surprise de voir dans un numéro spécial de l'Oeil de la Lettre, publié fin 1992 consacré à la littérature nordique et, que plusieurs pages ont été reproduites. Qui l'a autorisé ? Ni le traducteur, ni notre distributeur Calmann-Lévy à l'époque, ni quelqu'un de chez nous. Après une lettre de notre part, nous recevons le 20 janvier 1993 cette réponse :

« [...] Ce n'est pas par désinvolture que nous ne vous avons pas contactée, mais pour des raisons de structure : 1 personne et demie, de temps : ces dossiers sont l'oeuvre d'une personne, perfectionniste, et qui, jusqu'au dernier moment n'est jamais sûre des extraits qu'elle va retenir. Nous n'avons donc pas le temps matériel de vous contacter et de vous demander les autorisations nécessaires [...]. »

Pour une perfectionniste ce manquement à la courtoisie élémentaire est une lacune, car elle n'a visiblement pas compris qu'il suffit de s'arrêter quelques minutes pour faire un appel téléphonique ou écrire une lettre afin d'obtenir un accord. Il suffit de si peu !

Saxo Grammaticus
L'ARCHER DU ROI
Extrait du Livre IX de Gesta Danorum (La Geste des Danois)
Traduit du latin ; publié en 1991


Saxo Grammaticus
HAMLET
Extrait du Livre IX de Gesta Danorum (La Geste des Danois)
Traduit du latin ; publié en 1994

Début mai 1995, nous sommes alertés par le traducteur qu'il y a plagiat partiel de sa traduction dans une collection prestigieuse publiée par un grand éditeur et le 28 mai, il envoie une lettre au directeur littéraire de la maison d'édition en question :

« Feuilletant « La Geste des Danois » que vient de publier la collection [...], j'ai eu la surprise de découvrir que la traduction du chapitre XI du Livre IX (p. 412-415) était redevable de bon nombre de phrases, voire de passages, à ma traduction du même extrait publiée en 1991 par Esprit Ouvert (« L'Archer du Roi »), traduction que vous avez lue si j'en crois une lettre de vous du 20 avril 1993.

Un texte source peut certes inspirer fortuitement des options identiques à deux traducteurs différents. Mais quand les coïncidences se multiplient, le soupçon de plagiat est vite confirmé. Or, s'agissant du latin, de celui de Saxo de surcroît (auquel il est très regrettable que l'introduction n'ait pas consacré quelques lignes), le traducteur n'a pas de solution toute prête : il doit prendre, en quelque sorte, ses responsabilités. Vous pourrez d'ailleurs constater vous-même que Monsieur [...] et moi n'avons pas le même style et repérer ainsi les passages où, mon texte n'ayant pas été purement et simplement recopié, mon plagiaire semble bien avoir introduit quelques termes de son cru pour essayer de travestir son pillage.

Mon vieil ami le professeur B, à qui j'ai soumis les deux traductions, m'avoue qu'il a été confondu devant le procédé. En ce qui me concerne, je reste perplexe devant la désinvolture du traducteur et la légèreté du préfacier. Je trouve en tout cas déplorable qu'une collection de prestige [...] soit déparée par tant de médiocrité. Vraiment consterné par ce ridicule incident, et vous remerciant de bien vouloir transmettre ma lettre à Monsieur L.C., je vous prie d'agréer...»

Voici la réaction de la maison d'édition :

« Y.G. nous a communiqué à L.C. et moi-même la lettre que vous lui avez adressée le 28 mai dernier et que nous avons lue avec beaucoup d'attention.
Quand deux traducteurs rencontrent les mêmes expressions c'est qu'elles doivent être bonnes et qu'elles s'imposent. Nous en sommes aussi heureux pour vous que pour nous.
Veuillez agréer ... »

La réponse du traducteur :

« Je n'aurais certainement pas réagi si la traduction de la Geste des Danois avait été publiée dans une édition confidentielle. Il m'a surtout semblé que [...] méritait mieux qu'un traducteur et un préfacier désinvoltes, paresseux ou (et ?) ignorants au point d'attacher si peu d'importance à ce qui fait l'étonnante originalité de la langue de Saxo. Si la courageuse maison d'édition qui a publié en 1991 ma traduction d'extraits du Livre IX de Saxo a encore quelque exemplaire de cette traduction en réserve, je vais la prier de vous en envoyer un. Vous y trouverez une très brève analyse de la curieuse écriture des Gesta.
Il ne me reste plus maintenant qu'à apprendre aux participants de mon séminaire de Troisième Cycle qu'un plagiat s'appelle quelque chose comme l'heureuse rencontre de bonnes expressions. La terminologie universitaire, si grise parfois, quand elle n'est pas cuistre, y aura gagné une aimable métaphore !
Veuillez agréer... »

Hjalmar Söderberg
GERTRUD
Traduit du suédois et publié en 1994.

     

Peu de temps après la parution, une actrice, souhaitant mettre en scène et jouer la pièce, s'adresse à nous pour s'enquérir des droits, mais quelques temps après, elle apprend que le grand acteur Gérard Desarthes a l'intention de monter la pièce au Théâtre Hébertot. Impossible de joindre qui que ce soit pour essayer de comprendre. Entre-temps, l'auteur est de nouveau protégé par les nouvelles règles de 70 ans.

Le théâtre annonce la première en janvier 1996 avec Ludmilla Mikaël dans le rôle de Gertrud. Quand, enfin, nous réussissons à contacter la direction du théâtre et proposons des exemplaires pour les vendre aux guichets, nous tombons sur une voix embarrassée qui nous offre quatre billets gratuits à l'orchestre ! En achetant le programme nous avons une surprise désagréable : Deux pages servant d'introduction à la pièce sont reprises mot à mot de la préface de Maurice Drouzy dans notre publication, sans mentionner ni son nom ni les Editions Esprit Ouvert. Nous constatons également que notre traduction est reprise presque entièrement par les acteurs.

La fin de l'histoire n'est pas triste : lors d'un festival du livre, un éditeur nous accuse d'avoir plagié sa publication de Gertrud en 1996, envoyé par un agent de théâtre ! Après lui avoir fait parvenir un article de Nicole Zand sous le titre « Le roman des occasions perdues » qui parle de l'oeuvre de Hjalmar Söderberg, paru dans Le Monde des Livres le 29 mai 1995 et donc antérieure à cette publication, nous n'avons plus aucune nouvelle de la part de l'éditeur.

Plus tard nous apprenons que ce même agent de théâtre, ayant vu notre catalogue, a proposé les droits pour notre publication Gens et Brigands de Pimentville à une actrice ! La mythomanie est décidemment une activité très prisée dans ce milieu.



Torbjørn Egner
CARIUS ET BACTUS
Traduit du norvégien et publié en 1991
L'Edition originale : 1958

En 1995 une lectrice vient sur le stand d'Esprit Ouvert lors du Salon du Livre à Genève, regarde un exemplaire et nous pointe du doigt en disant d'un ton menaçant :
- Votre publication Carius et Bactus est un plagiat de Rue des Caries, publié par les éditions XY à Zürich.

Intrigués, nous regardons l'exemplaire qu'elle vient d'acheter. L'auteur est apparemment allemand, mais l'édition française porte le nom d'une certaine Géraldine E. Le livre a été imprimé en Belgique en 1994. Nous essayons d'expliquer à la lectrice qu'il est physiquement impossible pour un auteur norvégien ayant décédé quelques années auparavant de plagier un livre trente-trois ans avant la Rue des Caries. On a beau expliquer qu'il faut toujours voir l'année de parution avant d'accuser quelqu'un de plagiat. Rien n'y fait. Nous sommes des tricheurs.

Nous avons fini par acheter un exemplaire et constatons que c'est un modèle de plagiat. Toute l'histoire y est, mais bien masquée. (voir le 2e paragraphe de l'article « La révolte des plagiés » plus haut).

Curieusement, ce plagiat n'a pas été publié en version allemande quoique la maison d'édition en question se soit spécialisée dans les éditions bilingues allemand/français. Nous ne tarderons pas à comprendre pourquoi : Carius et Bactus, traduit en 25 langues et vendus à plus de deux million d'exemplaires dans le monde, est publié par le grand groupe Bertelsmann en Allemagne où il est devenu un classique, lu dans beaucoup d'écoles maternelles. Un plagiat dans ce pays serait trop risqué. Tandis qu'en France, les éditions Esprit Ouvert ainsi que le livre sont quasi inconnus. Inutile de dire que les exemplaires de Carius et Bactus ramassent de la poussière dans notre stock.

 

P. C. Asbjørnsen et J. Moe
CONTES DE NORVEGE I et II
Traduits du norvégien et publiés pour la première fois en France en 1995 et en 1998

Par un communiqué de presse en 1998, nous apprenons que dans le cadre des Boréales de Normandie un groupe de théâtre prépare un spectacle sur un de nos contes. En contactant le directeur, nous apprenons qu'il a reçu un tapuscrit de la part des organisateurs. En toute bonne foi, il a cru que c'était une traduction faite pour l'occasion, mais en la comparant avec notre publication, il se rend compte de la tromperie. Nous lui avons conseillé de contacter les traducteurs pour régler directement le problème, mais lui, tout comme nous, il a été choqué par ce procédé.

Nouveau coup fumant : En 2003 nous apprenons par l'Ambassade de Norvège qu'en 2002 Contes de Norvège - Le Château de Soria Moria a été publié par un éditeur de jeunesse très connu en France. Nous avons immédiatement contacté celui-ci qui nous envoie un exemplaire de leur publication. Vérification faite : tous les contes figurent aussi dans nos publications, sauf le dernier. Pourtant, il existe plusieurs tomes de contes de traditions orales publiés en Norvège. Mais pourquoi se fatiguer ?

Martin A. Hansen
LE MENTEUR
Traduit du danois et publié en 1999

Le Menteur, film de Philippe de Broca en 2003, est montré à France 3. Le cinéaste n'a apparemment pas fait des recherches avant de prendre notre titre.

Ole Bornemann
LE DERNIER TEMOIN
Polar traduit du danois et publié en 2002.

En 2004, un polar publié par les éditions Encre de Nuit, Le Dernier Témoin écrit par un certain Simon Tolkien, sort en librairie. De surcroît, l'ouvrage est vendu et distribué par le même club du livre que notre polar de 2002, Le Dernier Témoin d'Ole Bornemann !
Embarras à la direction du club qui n'a même pas fait attention. Nous avons envoyé une lettre qui est resté sans réponse.

Thomas Dinesen
A L'OMBRE DU MONT KENYA
Ma soeur Karen Blixen
Traduit du danois et publié en 2002.

Un fidèle lecteur nous signale en février 2004 la parution d'un livre chez un grand groupe portant le titre Karen Blixen, une odyssée africaine. L'éditeur nous envoie un exemplaire pour examen et admet que l'auteur a lu notre livre et s'en est servi.

En tant que fin connaisseur de Karen Blixen, notre lecteur trouve que l'auteur, tout en se disant biographe, ayant fait « de longs mois de recherches », s'est servi un peu trop abondamment des informations qui n'ont jamais été publiées en France avant notre publication. Quand on sait combien de temps les recherches et la préparation d'un livre peuvent prendre...

Toujours est-il que l'auteur de cet ouvrage révèle par moult petits détails sa méconnaissance du sujet, par exemple que la maison où elle a grandi se trouve au bord de la Baltique ! S'il avait fait des recherches sérieuses, il aurait également appris beaucoup plus de choses sur son alliance avec Bror que Judith Thurmann mentionne déjà dans sa biographie.

L'expression du deuxième chapitre « Voir la cigogne » vient directement de notre publication et avait intrigué notre traducteur avant d'arriver à la fin du texte danois où Karen Blixen en explique elle-même la signification.

En ce qui concerne le troisième chapitre, « Des shauris comme s'il en pleuvait », ce mot a donné du fil à retordre à notre traducteur. Il a fallu qu'Esprit Ouvert s'adresse à quelqu'un connaissant le swahili pour pouvoir traduire plusieurs mots ou expressions incompréhensibles figurant dans le texte danois.

Summa summarum, on a pris « un talon ici et un orteil là », comme dit un conte norvégien, pour se servir de nos recherches sérieuses afin de fabriquer à la hâte un ouvrage truffé d'emprunts, bien ficelé et fabriqué à des fins commerciales sans rien apporter de nouveau.

Torbjørn Egner
GENS ET BRIGANDS DE PIMENTVILLE
Traduit du norvégien et publié en 1992

Le 25 octobre 2003, une actrice nous contacte au bureau en Suisse pour nous demander d'utiliser gratuitement le titre ainsi que notre traduction et les adaptations des quinze chansons figurant dans le livre pour une comédie musicale. Nous expliquons qu'il y aurait des droits à verser et rendez-vous est pris pour régler le problème.

Le même soir son mari, M. H., un nom très connu dans le monde de la finance en Suisse, nous téléphone et, sur un ton agressif et menaçant, nous fait comprendre que Esprit Ouvert n'a pas des droits à réclamer, le fils de l'auteur ayant vendu les droits directement pour le théâtre et leur a confié le texte norvégien de la pièce. Ce dernier admet pourtant que le texte est basé sur les dialogues du livre ! Donc, qui figurent dans l'édition originale en norvégien pour laquelle nous avons acquis les droits et versé des royalties pour toute la francophonie.

Après enquête, nous constatons qu'un site Internet est déjà sur la toile depuis quelques semaines sous le nom de Catcha (Catherine et Charlotte, les noms des deux femmes responsables), où l'on voit les acteurs avec les manuscrits entre les mains. Cela a donc été préparé depuis longtemps. Le « traducteur » du texte est M. H. lui-même. Tiens, tiens !

La troupe a reçu des subventions de l'Ambassade de Norvège et de Norsk Hydro. Ni le consul de Norvège à Lausanne, ni l'Ambassade à Berne, ni la presse ne réagissent. Nous sommes les empêcheurs de tourner en rond. Seul la direction du théâtre à Genève et L'Association suisse des éditeurs se mobilisent, car ils savent que ce genre d'action est passible d'amendes ou de prison. Malheureusement, la législation en Suisse étant trop libérale et leurs moyens trop limités, le théâtre et l'association des éditeurs ils sont obligés de baisser les bras.

Evidemment, avec la Norvège officielle au premier rang pour la première juste avant Noël, le plagiat a reçu la bénédiction totale et le traducteur ainsi que les éditions Esprit Ouvert sont envoyés aux oubliettes.

Trond Braenne
ADRIEN LE MAGICIEN
Traduit du norvégien et publié en 1997

Nous terminons cet aperçu pour le moins instructif par un article dans Le Monde du 26 avril 2002 sous le titre « Chapeau l'artiste » qui illustre à merveille notre propos. Mieux que des explications, voici la reproduction de l'article ainsi qu'une illustration de l'édition norvégienne par Per Dybvig :

     

Que faire ?

Toutes ces expériences désagréables nous ont amenés à réfléchir sur la situation. Si cela continue, tous les gens de la profession qui pratiquent la politique de l'autruche verront la branche sur laquelle ils sont assis se rompre. Les foires professionnelles de Francfort, Londres et Bologne où l'on vend et achète les droits, seront obsolètes, la Convention de Berne sur les droits à la propriété artistique déclarée nulle et non avenue et les fonctionnaires de la World Property Organization à Genève mis au chômage.

Plusieurs « solutions » viennent à l'esprit pour tenter de résoudre le problème:

1° : Ignorer les plagiaires. Cela risque hélas ! d'encourager des gens, peu scrupuleux à continuer.

2° : Passer par la justice. Ce procédé coûte cher, dure longtemps et ne fait généralement que le bonheur des avocats.

3° : Parler d'eux. Rien n'est plus gênant pour quelqu'un qui n'a pas les meilleures intentions que d'être découvert, car ce qui le guide est c'est de faire tout ce qu'il veut, à condition de ne pas être dévoilé. »

En attendant que les différentes parties intéressées se décident à réagir pour soigner le mal par à la racine, nous avons opté pour cette dernière solution.

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