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Esprit Ouvert - Le mur noir
Esprit Ouvert

Le mur noir

Auteur : Carl-Henning Wijkmark
Traduction : Traduit du suédois par Georges Ueberschlag
1édition : février 2006
Titre original : Den svarta väggen, 2002
ISBN : 978-2-88329-063-6
Format : 13,5 x 21
Pages : 290
Prix : 22.50 €

Parution : printemps 2007 Article dans :

Le courrier international n° 622,
(de Stefan Jonsson, Dagens Nyheter), 3 au 9.10, 2002

L’HOMME FACE A L’HISTOIRE

Suède, année 2009. L’écrivain suédois Carl-Henning Wijkmark imagine son pays tombé entre les mains de la mafia russe et succombant aux sirènes du nationalisme.

Nous sommes en 2009. Le littoral de la Baltique a été évacué pour protéger la population contre l’arrivée massive des ligues russes et des réfugiés. La police se concentre sur la défense des infrastructures vitales. A coups de chantages aux attaques terroristes contre des villes et des centrales nucléaires, la mafia russe assèche les finances du pays et oblige le gouvernement, les entreprises et les médias à ouvrir la Suède à leurs activités criminelles.
La classe dominante tait au monde entier le fait qu’elle est entre les griffes de la mafia, afin de maintenir son pouvoir et la stabilité du royaume. Mais ce calme apparent a un prix : il anéantit la foi en l’avenir et la confiance en soi des citoyens. La perte d’indépendance est compensée par la montée des idéologies flattant la fierté nationale. Ce sentiment nationaliste a conduit la Suède à sortir de l’Union européenne, ce qui a encore aggravé une situation économique désastreuse.
La milice néo-nazie a fait sauter le pont de l’Øresund, qui relie la Suède au Danemark. Les meurtres d’immigrés et de Samis sont devenus tellement habituels que les médias n’en parlent même plus. A droite, les patrons, la hiérarchie religieuse, les militaires et les fonctionnaires préparent un coup d’Etat. Plusieurs intellectuels ont été assassinés. Même la vie artistique, dernier lieu d’expression critique de la société, est marquée par un culte du régional et du national.

« Les gens se déplacent comme des somnambules »

Carl-Henning Wijkmark brosse un tableau extrêmement sombre de l’avenir de son pays dans son nouveau roman Den svarta väggen (Le mur noir). Mais ce serait une erreur de comparer ce livre aux jérémiades sur le déclin de la Suède auxquelles nous ont habitués les écrivains réactionnaires ces dernières années. Certes, il arrive de temps à autre que le polémiste, chez Wijkmark, l’emporte sur le romancier. Mais, en général, l’auteur suit une règle d’or : plus le sujet est pénible, plus il faut avoir la main légère. Wijkmark n’a jamais écrit d’une façon aussi concise que dans ce roman.
Nous sommes transportés dans le futur par le biais du personnage principal, Leo Kyllén. Il débarque incognito sur la côte ravagée de Scanie, tel Ulysse sur son Ithaque menacée. Cinquante ans auparavant, il s’était enfui d’une maison de correction, dans l’Östergötland, et avait émigré au Canada. Il revient se sachant atteint d’un cancer incurable. Avant de mourir, il veut clarifier son origine biologique et savoir pourquoi son père présumé, un diplomate grec, a été expulsé de Suède pendant la Seconde Guerre mondiale. Le pays qu’il retrouve ressemble à un pays de l’Est en ruine. « Les gens semblent avoir renoncé, se déplacent comme des somnambules », note Kyllén. Il croit comprendre les raisons de la crise. Pendant toute la Seconde Guerre mondiale, les élites ont gardé le silence et menti sur leur complaisance à l’égard des grandes puissances. Elles ont dilapidé les réserves démocratiques du pays. Mais, peu à peu, le héros est entraîné dans le labyrinthe de l’histoire. Vieux documents, événements contemporains, fréquentations inattendues et souvenirs d’enfance s’imbriquent les uns dans les autres, si bien que plusieurs voix s’expriment dans le roman. Sur le plan politique, le narrateur condamne ceux qui se sont arrangés avec la vérité dans la Suède de l’après-guerre. Mais quand il découvre la vérité sur ses origines, il se rend compte que son éducation a elle aussi été marquée par les mensonges et par les compromissions de ses parents. Les circonstances ne leur donnaient pas d’autre choix. Ainsi, son père n’a pas été expulsé en raison de ses activités d’espionnage pour le compte des Anglais dans la Suède pro-nazie ; en fait, il s’est arrangé pour se faire expulser afin de fuir la paternité.
Quand le récit, mené comme un roman policier, arrive à son dénouement, il apparaît clairement que l’énigme porte sur la relation de l’individu au processus historique. Cette énigme n’a pas de solution. D’un côté, Wijkmark présente l’homme comme n’ayant aucun pouvoir sur son destin ; ses choix de vie sont décidés par d’obscures structures historiques qu’il ne maîtrise pas. D’un autre côté, le roman dit que l’homme porte la responsabilité de ses choix et qu’il devra en répondre un jour. De cette situation intenable le héros tire une éthique dialectique qui le vaccine contre la foi et les illusions idéologiques, mais aussi contre l’accablement. Den svarte väggen est l’un des romans les plus importants de la rentrée. Dans le tempo rapide du récit, Wijkmark élabore une morale pour l’avenir, avec, en arrière-plan, une description de la Suède qui résonne comme une alarme.

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